Ilim: Seigneurs de Nalrade

Escorte vivifiante

Arc de Reas Ravenoath

Un certain nombre de personnes entourait la cathare Reas Ravenoath, quatre soldats, un prêtre ainsi qu’un homme encastré dans une armure lourde, chauve, fumant un cigare et dirigeant de manière laconique tandis que le groupe progressait dans la forêt Orochi en début d’après-midi. Porté par le bruit de la charrette tirée par le destrier du chevalier ouvrant la voie, le sifflement ambiant semblait s’éloigner au fur et à mesure de leur avancée. L’homme chauve, Graden, leva la main et la troupe s’arrêta. Puis, il descendit et désigna deux personnes chargées de tirer le tout sur le côté de la route en s’enfonçant dans les fourrées et camouflant le tout. Pendant ce temps, le chevalier observant des traces sur le sol fut rejoint par Reas, main à l’épée.

Visiblement, il s’agissait de traces de pas, deux personnes s’engouffrant dans la forêt, suffisamment perceptible pour un œil entrainé. Après quelques temps, on demanda à un soldat de rester en retrait, planqué. Les trois autres et le prêtre devraient suivre et s’engouffraient dans les hautes-herbes. Graden prit la tête avec l’un des soldats, puis vint derrière lui Reas et le prêtre et enfin, les deux derniers soldats qui se mirent à discuter.
- Putain, je déteste cette forêt.
- M’en parle pas. Il fait chaud et on peut rien boire d’autres que ce stupide thé ou de l’eau.
- Même à l’ombre de ces arbres, j’ai l’impression qu’on étouffe. Eddie a du bol d’être rester en arrière.
Sans leur prêter plus d’attention, la cathare se concentra sur le prêtre qui peinait à avancer dans la végétation abondante et se proposa de l’aider. Il ne portait pas de toge, simplement une armure légère en cuir, couvrant son buste, par-dessus du tissus tandis qu’un bâton l’aidait à progresser. Il semblait assez jeune, peut être la vingtaine avancée, mais il dégageait une certaine aura de confiance malgré sa peine à se mouvoir. Un collier marquant l’appartenance au clergé d’Orzovha et ses habits, en étant plus près, étaient finement brodés et disposaient, à l’instar de son bâton, de petites touches indiquant qu’il disposait d’un certain niveau d’expérience.

Le prêtre remercia la cathare, souriant, indiquant qu’il n’avait pas l’habitude des forêts aussi denses.
- C’est jamais évident au début. Je vous comprend, opina Reas à ces dires.
- Vous, cathare, avez une meilleur endurance que nous. Je m’en rend bien compte. Je n’ai pas encore la Force nécessaire.
- Cela viendra, ne vous en faite pas pour ça, répondit-elle en souriant un peu.
Il lui rendit le sourire, sans rien ajouter. Ayant marché un temps certain, buvant plusieurs gorgées, Graden fit signe de s’arrêter. Au loin, un cri déchira l’atmosphère.

Tout le monde porta la main à son arme, sur le qui-vive, observant les alentours. Le chevalier se dirigea prestement vers les hurlements, ordonnant de le suivre aux pas de course. Tandis que d’autres cris retentirent, la forêt se faisait de plus en plus clairsemée et Reas continua de porter assistance au prêtre qui apprécia le soutient, bien qu’il n’aille plus trop de problèmes pour progresser. La tension sembler monter dans le grouper au fur et à mesure qu’il se rapprochait du bruit. Un bruit de combat, ou tout du moins d’arbres qui se fracassaient, accompagnait la cacophonie. Puis, plus rien. Après quelques minutes, la troupe déboucha sur une clairière avec un point d’eau. Le bras se leva et tout le monde s’arrêta brusquement, reprenant son souffle. Finalement, ils posèrent leurs yeux sur l’endroit.

La terre était retournée, du sang parsemait la zone par flaques parfois denses, les arbres étaient arrachés et brisés. Au milieu de ceci, l’immense corps d’un monstre étendu, inerte. D’ailleurs, non loin de l’avant-bras gauche de celui-ci gisait un jeune homme. Tout le monde était sur les nerfs mais Graden ordonna à Reas et deux soldats d’aller vers la personne tandis que lui et le prêtre semblèrent se diriger ailleurs. La jeune femme se dépêcha de rejoindre le jeune homme étendu, précédent les deux hommes de plus en plus mal à l’aise en se rapprochant de la créature. Néanmoins, ils maintinrent un périmètre de sécurité autour d’elle tandis qu’elle examinait le corps.

Un pouls, faible. Son épaule gauche était transpercée par une épaisse branche qui s’est cassée et laissait couler du sang. L’armure métallique du jeune homme était, à un point précis, noire. Ses habits, quant à eux, demeuraient déchirés à de nombreux endroits, accompagnés de coupure sur la peau. La protection, en piteuse état, semblait avoir essuyée beaucoup de coups, contondants notamment. La jeune femme s’attela à stabiliser son état, apposant ses mains sur le torse, avant de couper les jointures de l’armure d’un mouvement de dague. Il reprenait peu à peu des couleurs. Malgré le point noir dessus la protection, pas d’autres signes distinctifs en dessous de celle-ci, ni de blessures. Elle le souleva légèrement et retira la branche par l’arrière, entrainant une coulée du liquide rouge avant de refermer la plaie du mieux qu’elle put pour l’instant. Le jeune homme paraissait toujours inconscient, mais sa respiration était stable, tout comme son pouls.

Vérifiant qu’elle n’oublie aucune blessure, elle tourna la tête vers les gardes leur indiquant de dire à Graden qu’il y avait un survivant ici. Ceux à quoi on lui répondit qu’il était occupé avec monsieur François. L’on repartirait dès qu’ ils auraient fini et qu’ils étaient là pour l’aider à porter de toute façon.
Reas opina d’un merci, détaillant plus attentivement le physique de son patient.
Il avait une cicatrice très légère au niveau de l’œil gauche et de la lèvre, une autre plus profonde au niveau de l’articulation du coude du même côté et portait un collier serti d’un rubis qui pendait à son coup.
- Je vais le porter moi, au cas où devriez l’aider en chemin, signala l’un des soldats.
- Merci, opina-t-elle pendant qu’elle l’aidait à charger le jeune homme sur le dos du volontaire.
Puis, elle jeta un coup d’œil rapide à la monstrueuse créature, observant surtout sa taille, et s’apprêta à retourner vers Graden. Mais un des soldats la retint et fit non de la tête, le regard apeuré.
- Hmm…? Il y a un problème? demanda-t-elle.
- Il nous dira quand partir. Restez ici en attendant.
Opinant, elle reporta son attention sur la bestiole, espérant qu’elle resterait belle et bien couchée.

Peu après, Graden appela l’un des soldats qui sembla lui aussi prendre quelqu’un sur ses épaules, emballé de draps. Ensuite, l’ordre fut donner de partir et tout le monde quitta les lieux. Après plusieurs heures de marches en retour, le groupe arriva vers le garde qui s’était posté en hauteur dans un arbre à proximité du chariot. Les corps furent chargés et tout le monde repartit vers la cité-état alors que la nuit commençait à poindre.
En arrivant aux portes de la ville, Reas distingua Henry, son frère, qui discuta un instant avec Graden et François, puis la salua de la main, tandis que le prêtre lui fit un petit sourire. Sur ce, le groupe se sépara, la laissant avec sa famille.

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Altharos

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