Ilim: Seigneurs de Nalrade

Un coup, à boire!

Vingt-troisième session

Lorsque le groupe composé de Pastif, Maximilien, Edmond, Pascal et Emilio avait passé la porte de la chapelle, il s’était retrouvé dans une plaine, sur l’herbe verte. Se retournant, il n’y avait bien entendu plus aucun signe de la bâtisse. Curieux, mais finalement il commençait à avoir l’habitude. Au loin, quelques champs étaient disséminés dans le paysage aménagé autour de maisons ou petits hameaux. S’imposant à l’horizon fort Teräswurm, l’une des infrastructures militaires les plus impressionnantes, découpait la vue de sa silhouette. Le pont de trois kilomètres, d’acier et de pierres, marquait la frontière entre Alria et Dixomir ainsi qu’entre les provinces d’Eluine et de Mintorïn. Un no man’s land d’un kilomètre servait de transition entre les deux royaumes, chaque partie pouvant se relever en un massif pont-levis. Une entente entre les deux monarchies avait été créée au sein même de la forteresse, la rendant autonome. L’un fournissait le métal et le travaillait, l’autre les denrées alimentaires et la boisson, ainsi les échanges allaient bon train à telle point que l’entente entre les deux factions y semblait hors du temps.

La troupe l’avait d’ailleurs vérifié lorsqu’elle avait traversé la gargantuesque installation militaire, constatant que la vue sur la mer du Mythegarre et les falaises était à l’instar de la fortification, imprenable. Elle y était arrivé après un peu plus deux heures de marche, discutant de tout, mais surtout de rien, alors qu’elle avait passé quelques champs en suivant le chemin, sans vraiment rencontrer qui que ce soit. À l’immense entrée, La garde avait arrêté le groupe, demandant nom, prénom et raison de se rendre à Dixomir. Edmond fut le premier, et le seul, à répondre signalant qu’il rentrait chez lui, mais qu’il ne connaissait en rien le minotaure. Le soldat s’éloigna, puis revint après quelques minutes, indiquant qu’il pouvait passer. Puis, il reposa la même question aux autres. Pascal se souvint d’une lettre et d’un laissez-passer qu’il transmit au garde qui la lut, et s’absenta à nouveau pour revenir. Seul la question de Maximilien demeurait. Mais les autres confirmèrent qu’il faisait bien partie du même groupe et qu’il ne les avait pas suivi jusque-là, non sans se renseigner au passage sur la religion et l’inquisition ou s’ils risquaient des problèmes. Ceux à quoi on leur répondit que la religion de Dixomir différait d’Alria et qu’en plus, la religion n’avait pratiquement aucune influence ici.

Voilà ce dont ils se souvenaient. Ils avaient marché encore quelques heures pour finalement arriver aux villages en fin de journée. Ce dernier avait était évacué de pratiquement toute la population civile et des palissades en bois avaient été érigée tout autour. Les maisons étaient réquisitionnées par les soldats, mais ils avaient très vite trouvés leurs aises et pris leurs habitudes en se rendant pratiquement tous les soirs à la taverne où ils logeaient pour boire et se retrouver. Maximilien s’acheta un chapeau à larges bords pour cacher un minimum ses cornes et passa son temps à entrainer son corps, ses coups et le maniement de ses haches. Pascal aussi décida de s’aguerrir. Pendant ce temps, Pastif partit dans la forêt pour récupérer quelques ingrédients pour concoctions qu’il prépara aussitôt. En clairière, Emilio s’exerça non-loin de l’ancienne cabane de chasseur transformée en camps de tir. Quand à Edmond, il disparut dans l’atelier pour ne réapparaitre quand soirée, au bar, satisfait d’enfin pouvoir se remettre à travailler sur un mécha, surtout que le matériel lui était offert, en une certaine quantité.

Après qu’environ une semaine-et-demie se soit écoulée, le fusilier déclencha une baston de bar, malgré lui. Lançant un verre sur le moine pour répliquer à sa légèreté et sa boutade, un cri retentit. Le “BASTON!” fut aussitôt accompagné par des coups de poings, des verres et bouteilles, des insultes et répliques, le tout aromatisé d’alcool et saupoudré d’une musique à la guitare. Lorsqu’ils entendirent ceci, le druide et le technomancien accoururent. Ce dernier souda rapidement un morceau afin d’en faire une batte, en fer, pour ce que ça peut faire, enfin, lui saurait quoi en faire. Arrivant devant la porte, le duo s’entendit pour que l’un monnaie les soins, et l’autre matraque la taxe.

Débouchant au milieu de la bagarre, Edmond saisit, une nouvelle fois, sa chance pour se venger du minotaure et le frappa dans le dos. Mais ce dernier sentit venir un coup et se retourna, bloquant l’assaut tandis que le technomancien fit mine de s’en prendre à un autre. Quelques échanges s’étaient déjà opérés entre Pascal, Emilio ainsi, et surtout, un gaillard fort baraqué, l’un des rares encore debout à cet instant. Le moine le saisit, interpellant le fusilier, mais en réponse il reçut un coup de crâne le faisant tituber vers l’arrière en se tenant le nez qui se mit à saigner. Emilio pris une bouteille, une gorgée, puis abattit le verre qui se brisa sur le bonhomme, peu avant que Pascal ne revienne à la charge et ne l’envoie au tapis.

Après quelques minutes, il ne restait plus que le groupe debout et il alla s’installer au bar pendant que Pastif attribuait les soins. Sortant la tête de derrière une table, le musicien vérifia que tout soit terminé et se rendit aussi vers le tavernier. Lançant quelques pièces pour payer à boires, elles furent interceptées par le barde qui posa aussitôt les pièces sur la table, ajoutant la sienne. Edmond l’interpella: « Qui t’a demandé d’arrêtait de jouer ? », alors il s’installa et se remit à jouer de la guitare. Puis, le technomancien s’en alla faire les poches. Bien que la distraction d’Emilio pour le couvrir ne prenne pas, le barman laissa le laissa à ses affaires après quelques remarques, précisant qu’il devrait répondre des conséquences si les hommes le remarquaient. Une fois les boissons terminées, on leur demanda de ranger et de remettre en place le matériel alors que les gens reprenaient consciences petit à petit, quittant l’établissement. Puis, le groupe alla se reposer.

Le lendemain, chacun reprit son train de vie. Emilio, découvrant le camp de tir, discuta avec un congénère qui se présenta comme étant Emilson et décida de s’entrainer avec eux. Finalement, Maximilien et Pascal se mirent à la recherche de l’ami du moine, David Finalci, censé être dans le campement. Mais au final, seul le barbare le chercha. L’acrobate, interpellé par Edmond qui faisait une pause, préféra jouer aux dés. Chacun vaquait et vaquerait ainsi encore pendant quelques temps.

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Altharos

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