Ilim: Seigneurs de Nalrade

Tailler dans le vif

Arc du chevalier Yannick

L’attaque de l’agresseur était prévisible suite à son énervement. D’un mouvement du regard, il suivit la lame de Yannick qui vint trancher sa main directrice soulevant quelques secondes auparavant la dague. Par réflexes, la main valide de l’assaillant tenta vainement de garroter l’autre alors qu’il poussait un hurlement de douleur et reculait. Derrière lui, plus loin des cris retentirent aussi. L’avant-bras gauche du jeune chevalier plaqua l’homme contre le mur, appuyant sur sa gorge et lâchant un: “Rend-toi, rat!”
Malgré la pression exercée et la douleur, l’homme le fixa sans ciller: “Va… cre…ver…”
Yannick plissa les yeux, forçant sur la gorge: “Ta intérêt d’être coopératif… sinon tu vas crever lentement.”
L’agresseur ne le lâcha pas du regard, sous entendent qu’il ne coopèrerait pas.

Une vive douleur se fit ressentir à l’endroit où la dague s’était logée, forçant le jeune chevalier à lâcher la pression, et même lâcher tout court. Ayant préalablement rangé son épée peu après avoir plaqué son opposant, il le saisit et l’envoya à terre, s’aidant de sa jambe. La tête arriva d’ailleurs hauteur des pieds de Graden. Jetant un rapide coup d’œil vers l’endroit où se trouvait la caisse, Yannick constata qu’elle n’y était plus et s’était décalé dans son dos, continuant son chemin paisible en suivant le flot de l’eau.
- Je vous le laisse, Ser Bartolomé, indiqua le jeune homme, s’avançant en déposant un genoux sur le bord pour arrêter l’objet flottant.
Dès qu’il l’eut fait, il ne sentit plus son bras gauche. Un bruit sec de métal se planta dans la chair se fit entendre, suivit d’un autre indiquant que quelque chose percutait l’eau. Quelques secondes plus tard, une silhouette flotta, allant taper mollement dans la caisse en se laissant porter par le courant. Yannick tira la caisse sur le rebord à l’instant où une lumière vint l’éclairer, découvrant un vase scellé en céramique qui s’avérait y être attaché. Tentant de l’ouvrir de son bras valide, une voix s’éleva à côté de lui:
- Tiens ça, lui signala Graden, tendant la torche. Dès qu’il l’eut saisie, l’homme le souleva d’une main, prit le vase et coupa la corde.
- Merci… répliqua Yannick, tout en observant l’état de son coude.

La blessure était profonde. Plusieurs tendons avaient dût être sectionné. À cause des mouvements récents, du sang en coulait encore un peu et il ne faisait pas bon de rester dans un endroit pareil avec une blessure de ce type. Graden lui présenta un cigare, préalablement allumé, pour qu’il puisse le saisir facilement à la bouche:
- ça t’aidera pas à l’faire aller, mais ça t’aidera à pas y penser.
Un arôme fort et assez enivrant l’emparant lorsqu’il tira une bouchée, et il toussota. En évacuant la fumée, le stresse sembla partir avec elle.
- Je comprends mieux pourquoi vous en fumez… Bon… on ouvre le vase?
Alors qu’il terminait sa question, le chevalier chauve s’éloignait déjà, emportant le conteneur avec lui et se dirigeant vers un Bradley visiblement épuisé.

D’étranges symboles semblables à un alphabet s’étalaient autours, et dans, un cercle, comprenant lui même d’autres cercles, triangles et autres figures incompréhensibles. Il avait lu ça? Il reconnaissait ça?
- Besoin de repos? demanda Yannick
- J’ai finis ce que j’avais à faire. On va y aller, signala le comte.
- Et pour ce que transportaient ces maraudeurs?
Bradley examina le vase que lui tendit Graden tandis que le jeune chevalier se rapprochait, torche en main.
- Hum… Ce n’est ni le moment ni l’endroit, répliqua Bradley. Puis il ajouta, regardant le bras ballant: “Je ne pense pas que tu veuilles perdre ton bras voyons.”
- ça serait pas mal…
Ils se dirigèrent vers la sortie, puis jusqu’au manoir, repassant par les égouts pour y retourner, repassant les lourdes portes.

Déjà, Graden les laissa tandis que le comte déposait le vase sur la table et demandait au jeune homme de s’assoir. Ce dernier le fit, profitant de l’absence pour retirer quelques pièces d’armures autour du bras. Puis, le comte s’en alla un instant pour revenir plus tard, examinant la blessure et prélevant un peu de sang.
- J’espère que je ne suis pas trop un poids…
- Tu as protégé beaucoup de gens. Tu devrais en être fière.
- Beaucoup? Yannick arqua un sourcil interrogateur.
- Indirectement, par tes actions. Ce n’est pas le plus aisé à voir dans l’immédiat, mais sur le long terme, tu verras que tes actions en auront aidé beaucoup. Oh, si tu préfères tirer une tout autre satisfaction, tu es en vie, et ton amie aussi.
- Hmm… J’attends de voir avant de tirer une quelconque fierté. Et pour Shida… lorsque je ne serais pas sur le terrain, je pourrais la voir, ou a-t-elle à présent un planning chargé? demanda-t-il en se frottant la nuque.
- ça ne dépend pas de moi, mais d’elle. Lui répondit-on en souriant.
Bradley banda la plaie après l’avoir nettoyée et reprit:
- Pour ton bras, il va falloir attendre quelque temps avant que je puisse t’en rendre l’usage.
- Elle semblait pas très enthousiaste à me parler à vrai dire… mais bon… Autre chose à me faire faire ici?
- Non, tu peux disposer. Ton repas sera servi dans tes quartiers.
Opinant, Yannick commença à finir de retirer le reste de son armure, son contorsionnant pour le plastron et vidant les quelques pièces logées dans son gants.
Embarquant le vase et s’apprêtant à passer la porte, Bradley s’arrêta et signala que la salle d’entrainement lui était dorénavant libre d’accès, tout comme la petite bibliothèque.

Avant de s’y rendre dans l’idée de s’instruire sur l’élémancie, il décida de passer par ses quartiers pour déposer ses affaires. Il y découvrit une bourse contenant cent pièces d’argent, quatre Manz et deux pièces d’or. S’estimant plutôt heure de cette nouvelle entrée, il glissa ces quatre pièces d’argent dans la bourse avant de la ranger sous l’oreiller, dans un coin du lit, et de se rendre à la bibliothèque.

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Altharos

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